Les muscles pectoraux du pigeon voyageur – Vitesse vs Fond (1)

17 Mar 2017

Les muscles pectoraux du pigeon voyageur – Vitesse vs Fond (1)

Dr Gordon Chalmers

trad. M.Maindrelle
 


Paru à l'origine dans le magazine Pigeon Sport (Royaume-Uni) et réimprimé plus tard dans le Racing Pigeon Digest (États-Unis), un article très intriguant et bien exposé de Alan Wheeldon de Grande-Bretagne sur les muscles pectoraux des pigeons . L'auteur a mis en avant sa vision sur les différences entre les muscles du vol chez les pigeons de courtes et de longues distances. L'article, qui était basé sur un papier scientifique publié dans Scientific American (Sept, 2000) en référence aux athlètes humains, était certainement très stimulant, car il tentait d'expliquer les différences entre les souches de pigeons de vitesse vs celles de fonds.

Sa proposition était basée sur une structure clé dans les fibres musculaires, en l'occurrence une protéine contractile connue sous le nom de myosine, étroitement liée à la fonction de tout muscle, y compris les puissants grands pectoraux du pigeon voyageur. La forme actuelle de la myosine présente dans toute fibre musculaire détermine sa vitesse de contraction, c'est-à-dire sa vitesse de fonctionnement, généralement appelée sa vitesse de contraction. Ainsi, la forme de la myosine dans les muscles de la cuisse des Hommes entraînés pour des courses de sprint est différente de la forme de celle présente dans les muscles de la cuisse des Hommes qui concourent dans des épreuves d'endurance. Alan Wheeldon doit certainement être complimenté pour ses efforts, comme ils semblent expliquer peut-être pour la première fois, une différence fondamentale et éclairante entre les pigeons de vitesse et ceux de fond.


Oh, si c'était seulement le cas! Comme cette information logique serait joliment combinée avec ce que nous aimerions espérer et croire sur les différences tangibles entre les pigeons de vitesse et de fond. Malheureusement, cet article prospectif, remarquable par ses informations stimulantes est basé sur les muscles des humains et des autres mammifères, qui sont significativement différents de ceux des muscles grands pectoraux du pigeon.

 

À ce stade, je voudrais également souligner que, en général, la vitesse, comme nous la décrivons en colombophilie, est complètement différent de, et donc à mon avis pas du tout comparable, au sprint chez les humains et les autres mammifères de course. Par exemple, si un athlète humain participe à une épreuve de sprint de 100 mètres, quelle distance de vol (1, 2, 5, 10, 20, 30, 60, ou plus de kilomètres, etc.) pour les pigeons est-elle réellement comparable? ? Comment pouvons-nous (ou pouvons-nous ?) mesurer et comparer les deux de façon significative? Je sais que certains colombophiles aiment réfléchir sur ce sujet, mais en dernière analyse, c'est tout ce que c'est - une simple supposition.


Je suggérerais en outre que la comparaison des sprinteurs humains et d'autres mammifères de course avec des pigeons de vitesse est très semblable à la comparaison de la craie et du fromage - ce qui n'est pas du tout une comparaison. Un groupe est en compétition sur la terre ferme, sur des distances allant jusqu'à quelques centaines de mètres, et l'autre groupe se confronte en l'air , à des distances allant jusqu'à quelques centaines de km, et donc est il vraiment possible de faire des comparaisons valables? J'ai de sérieux doutes à ce sujet, mais peut-être quelqu'un connaît la réponse.


Ajoutez à ces points le fait que, indépendamment des distances des courses de vitesse /demi-fond dans lesquelles nos pigeons sont engagés, les pigeons utilisent la graisse comme principale source de carburant pendant ces courses, comme ils le font aussi certainement sur les courses de longues distances. À l'inverse, les athlètes humains de vitesse utilisent principalement le glycogène comme carburant dans leurs courses. Une fois de plus, toute comparaison entre les sprinters humains et les pigeons voyageurs ne semble tout simplement pas valable du tout. D'un point de vue pratique, nous devrions peut-être nous référer aux souches des pigeons de vitesse comme souches de pigeons de vitesse/demi-fond, termes que j'utiliserai ci-après.

 

En utilisant l'un des muscles de la cuisse de l'Homme comme un bon exemple d'un muscle puissant, nous pouvons faire quelques comparaisons de base avec les muscles grands pectoraux du pigeon, connus comme les principaux muscles pectoraux du pigeon voyageur. Rappelons que les grands pectoraux sont les plus gros muscles du corps du pigeon et représentent de 20% à plus de 30% du poids total de l'oiseau. Ce sont les grands muscles que nous ressentons avec nos doigts quand nous manipulons un pigeon. Au niveau microscopique, on peut voir que les muscles grands pectoraux sont constitués de cellules allongées en forme de cigare qui, par convention, ont été appelées fibres dont les extrémités fuselées s'attachent l'une à l'autre pour constituer le muscle entier.


Dans le muscle pectoral du pigeon, il n'y a que deux types de fibres musculaires, une fibre de diamètre étroit et une fibre de large diamètre. En coupe transversale, ces fibres sont rondes ou ovales. Elles sont disposées en faisceaux, les fibres de large diamètre en périphérie de chaque faisceau pour la plupart, et les fibres de diamètre étroit situé plus profondément à l'intérieur. (Un exemple très approximatif serait un certain nombre de cigares épais et minces attachés ensemble par une bande de caoutchouc.Pour la plupart, les cigares épais toucheraient la bande de caoutchouc, alors que les cigares minces seraient situés plus profondément dans le faisceau ) Des milliers de faisceaux de fibres, disposés bout à bout et les uns à côté des autres, composent tout le muscle que nous ressentons avec nos doigts.

 

Les fibres de grand diamètre sont connues sous le nom de fibres blanches, tandis que les fibres de diamètre étroit sont connues sous le nom de fibres rouges. Les fibres rouges sont beaucoup plus nombreuses que les fibres blanches. Pour chaque fibre blanche il y a environ , en moyenne, 4 fibres rouges. Le Dr John George, doyen de la recherche sur les muscles chez les pigeons de l'Université de Guelph, en Ontario, au Canada, a déterminé que 5 à 14% étaient des fibres blanches et 86 à 95% étaient des fibres rouges.


Pourquoi ces faits nous intéressent-ils en tant que colombophiles ? Et bien, les fibres blanches dans les muscles grands pectoraux ont des vitesses de contraction très rapides (c'est-à-dire la vitesse à laquelle ils opèrent), allant de 31-37 millisecondes. Une milliseconde est 1/1000 d'une seconde, ce qui signifie qu'une contraction complète de ces fibres blanches prend simplement 31/1000 à 37/1000 d'une seconde! A ces vitesses rapides, les fibres blanches sont utilisées pour des actions extrêmement rapides, voire explosives, telles que l'envol à la sortie des paniers de concours, les accélérations brusques de vitesse pendant le vol, l'atterrissage, etc. - en fait, toute action qui demande aux ailes de battre plus vite. De plus, on peut obtenir une appréciation pratique supplémentaire de la vitesse de ces fibres en notant les extrémités d'aile qui tremblent rapidement chez l'oiseau en pleine forme.

 

 

(à suivre )

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