Tout ça pour ça !

9 Dec 2017

Tout ça pour ça !

Team FL

 

 

Après mon 1er concours depuis 15 ans ...

 

Mes très chers amis colombophiles,

Imaginez devoir quitter votre hobby bien aimé pendant 15 ans, imaginez que comme tout être aérobie qui a manqué d'oxygène vous retrouviez la voie de l'air ...

 

Voilà ce que j'ai vécu : 15 ans sans mettre les pieds dans un pigeonnier, 15 ans sans prendre 1 pigeon en main, 15 sans sans cette tâche blanchâtre (vite identifiable pour l'initié ...) entre le bas du sternum et le haut de l'abdomen, 15 ans sans voir voler un peloton, 15 ans sans scruter le ciel anxieusement, 15 ans de frustration colombophile !

 

Ces manques j'en ai pris conscience l'année dernière en reprenant quelques pigeons sans conviction, mollement, en me disant pourquoi pas, les enfants grandissent, mon job me permet une autre organisation. Et puis le pigeon appelle (à nid !) le pigeon, le sport colombophile est une vraie addiction : comme une cigarette en appelle une autre, un verre un autre, les enjeux colombophiles vont crescendo lorsqu'on remet le doigt dans l'engrenage.

 

Allez je vous raconte :

 

En 2003 j'ai dû cesser toute activité coulonneuse à l'arrivée de ma fille. Elle avait déjà un frère de 3 ans son ainé, et mes contraintes professionnelles devenaient trop accaparantes pour tout mener de front. L'homme est un animal (aucun doute la-dessus) raisonnable (ici plus perplexe), en tout cas il a fallu que je me fasse une raison. J'ai donc avec moult regrets raccroché mon cache poussière.

 

Auparavant (depuis 1993), j'avais passé quelques années à jouer plutôt pas trop mal avec des pigeons importés des Flandres Occidentales, à visiter de nombreux colombiers Belges (le Vahalla du pigeon voyageur), à tisser des liens avec de grands champions, à parler pigeon autour de nombreuses chopes jusqu'à tard dans la nuit, à regarder arriver ces incroyables sportifs ailés les yeux perdus dans l'horizon. Une vraie vie d'accroc. Presque tout passait par le prisme du PIGEON.

 

J'ai tout arrêté. Enfin pas tout à fait. Grâce à internet j'ai pu continuer à m'injecter ma dose quotidienne de plumes, de roucoulements, de concours (chez les autres), de visites de colombiers et de ventes illustres ... Et le temps est passé,15 ans sont passés.

 

L'année dernière j'ai repris quelques pigeons. Je n'avais pas de schéma précis en tête, aujourd'hui tout est beaucoup plus limpide. Les 20 premiers pigeons que j'ai racheté après 15 ans de sevrage m'ont remis le pied à l'étrier.

 

Là où je vis et travaille, hors de question d'ériger un colombier, tout est beaucoup trop urbanisé. J'ai donc fait un choix sans m'illusionner. J'ai la chance d'avoir une maison à la campagne, à 45 minutes de mon domicile, j'y ai donc implanté de modestes installations pour accueillir mes nouveaux pensionnaires. Ils sont arrivés début mai 2016, bons à sevrer. Le pigeonnier était prêt mais il me manquait des détails (!) tel que mangeoire, abreuvoir et perchoirs ...

 

Ils se développent vite et bien. Je suis très agréablement surpris de la qualité de l'élevage de cette célèbre station Anversoise aux couleurs vertes et blanches.

 

Vient le moment stressant de l'adduction. Ça aussi j'avais oublié de le préparer. Je bricole (chipote en Belge) en hâte une trappe d'envol. Il était temps les 1ers sont dessus le jour même. Puis sortis le lendemain et sur le toit le surlendemain. Grosse grosse émotion en prévision, les 1ers vols d'essai. Ça décolle dans toutes les directions, et, je me prends à prier qu'ils soient tous de retour sans grabuge. Ils le sont tous. Vous avez peut être oublié toutes ces petites émotions ?

 

Dans le mois qui a suivi, un beau peloton est formé. Vol groupé, serré, les ailes se frôlent, par beau temps la formation prend de la hauteur parfois à peine visible. C'est également l'époque des premiers grands dangers les rapaces, les lignes à haute tension, les chasseurs ... Mais comme souvent, le premier et seul vrai danger du pigeon voyageur est son manager : moi même !

 

Un beau samedi de juillet vers 14h30, je lâche mes 20 pigeonneaux en pleine force de l'âge et prêts à en découdre. Manque d'habitude, baisse de vigilance, oubli d'une évidence : le week end après le 1er mai les "étrangers" passent au dessus de Paris et plus largement "ratissent" le nord de la France. Je lève les yeux pour voir mon peloton "prendre la roue" d'un groupe de pigeons faisant route plein nord.2 heures plus tard plus aucun pour habiller le ciel. Erreur de débutant.

 

Au bout de 15 jours j'avais récupéré 15 pigeonneaux sur 20 : gros entrainement !

J'étais en colère de mon manque de vista, mais cette mésaventure a inconsciemment distillé le parfum de la compétition dans mon esprit.

 

Cet après midi j'ai guetté le retour potentiel de mes pigeons, et j'en ai vu revenir. De haut, les ailes repliées le long du corps, 1 tour ou 2 et se poser sur le toit du colombier en légère bascule avant, trébuchant, une démarche mal assurée, comme si le temps du vol dans une concentration extrême ils en avaient oublié leur faculté de marcher. Les ailes sont basses, les plumes aérées, quelques instants sont nécessaires pour quitter l'hébétude du retour au plancher des vaches.

 

Je me rappelle de tout ces concours que j'ai pu attendre avec des retours gagnants ou pas mais avec toujours cette admiration pour la performance.

 

Alors j'ai pris la décision de rejouer. Je me suis voté un budget installation, reproducteurs. J'ai modifié mon emploi du temps. J'ai acheté de nombreux reproducteurs (12 couples) sans regarder à la dépense. J'ai élevé tout l'hiver. J'ai fait de nouvelles et belles rencontres. J'ai entrainé et enfin récemment j'ai joué. Certes, sans illusions. Je n'ai que quelques yearlings de "tout venant"qui ont élevé tout l'hiver les oeufs repassés des reproducteurs. Mais quand même l'espoir est là.

 

J'ai donc joué, j'ai à nouveau ressenti cette fièvre. J'ai mal dormi plusieurs jours avant l'échéance.

 

C'est à peine croyable, je suis chef d'entreprise et suis tous les jours face à de réelles difficultés aux enjeux autrement plus capitaux et pourtant je me sens encore plus stressé par mes quelques pigeons mis au panier.

 

J'ai vu ma 1ère pigeonne plonger vers le colombier, pleine ligne, se poser, entrer quitte pour une place dans les 1 pour 10 sur plus de 900 pigeons.

A la réflexion j'ai fait tout ça pour ça !

 

Team FL

Chronique écrite le 26.04.2017

 

 

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