L'importance d'un pigeonnier sain (conclusion)
L'importance d'un pigeonnier sain (conclusion)
La poussière des plumes de pigeons
Marcel Gortzen (D)
Trad. M.Maindrelle
"Ce ne peut pas être le colombier qui est en faute", pendant les 20 premières années de ma carrière, j'ai gagné tout ce qu'il y avait à gagner en colombophilie sur ce colombier et pendant tout ce temps je n'ai pas changé une chose, je n 'ai même pas redressé un clou courbé"
Tels étaient les mots d'un ami colombophile qui était dans le sport depuis 30 ans et qui, au cours des 20 premières années, avait été champion 19 fois au Général dans la Région et également premier champion à plusieurs reprises en remportant un grand nombre de premiers prix .

Dans un premier temps le nombre de prix de tête a diminué, puis sa position dans le championnat général a baissé progressivement jusqu'à ce que, sur les dernières années, il a eu ce qu'on pourrait appeler une catastrophe totale, parce que son pourcentage de prix avait baissé au-dessous de 10% et les quelques prix qu'il réalisait se trouvaient prix à la fin de la liste.
Ce colombophile fit également l'erreur de porter entièrement la responsabilité de la baisse de performance sur les pigeons.
Il est alla chez deux bons amateurs et obtint une série de jeunes pigeons de leurs couples top reproducteurs. Quand il eut les mêmes maigres résultats avec les descendants de ces pigeons qu'il avait eu avec les siens, il décida de téléphoner à l'auteur et lui demander s'il devait essayer d'obtenir des pigeons encore plus forts comme des Stichelbaut ou des Aarden.
Lorsqu'on me pose de telles questions je demande toujours avec quels pigeons le colombophile est actuellement entrain d'élever et de jouer, pour former une image dans mon esprit des capacités de performance des pigeons.
Au début, il ne voulait pas parler des amateurs concernés parce qu'il pensait que les familles de pigeons de vitesses n'étaient certainement pas appropriées pour le climat changeant de sa région.
Mais après une certaine insistance de ma part, il a fini par me donner le nom des amateurs. Il est vite devenu clair pour moi que la faute de son mauvais rendement ne pouvait pas être imputé aux pigeons. Parce que ces deux colombiers étaient connus comme des super colonies et que de nombreux autres amateurs avaient obtenu de leur part des pigeons avec lesquels ils avaient été très heureux. Il devait y avoir quelque chose qui ne collait pas dans son colombier.
Naturellement, nous savons tous que chaque jeune pigeon hors d'un super couple reproducteur ne deviendra pas un bon éleveur lui-même. Cela peut arriver que l'on en tire même qu'un seul bon. Mais si, comme ce fut ici, quand 20 et quelques sont importés d'un tel colombier, alors le succès doit suivre. Naturellement, tous les pigeons élevés ne seront pas des As, mais l'expérience nous dit qu'à partir d'un tel matériel nous devrions reproduire du suffisamment «bon» pour être en mesure de jouer au sommet.
Cela semblait être une affaire très intéressante et nous avons pensé que cela pourrait peut-être nous donner davantage d'expérience dans la recherche d'éventuelles erreurs dans la manière dont les pigeonniers sont construits. Nous avons rapidement pris rendez-vous pour lui rendre visite au printemps de la même année.
Le colombier avait été construit dans le troisième étage de sa maison dans un endroit paisible des Alpes. Quand nous eûmes atteint le sommet de l'escalier, en entrant dans le colombier nous avons été surpris par la quantité d'air frais et pur. Le colombier était situé un peu plus haut, dans le faîte du toit, comme indiqué sur le dessin. Une fois dans le colombier il n'y avait plus aucune trace de l'air frais que nous avions remarqué que lorsque nous étions entrés dans le grenier.
L'air dans le colombier était si étouffant que, peu de temps, après ma tête a commencé à me faire mal. "Cela ne peut pas être la faute du colombier, j'ai gagné tout ce qu'il a à gagner ici" répéta l'amateur.
Quand j'ai vu les tuiles du toit déshabillées, j'ai immédiatement pensé revenir chez un ancien colombophile belge bien connu Martin Gielen.
Lorsque nous l'avions surpris un jour en lui rendant une visite, il était assis sur le toit de son pigeonnier et avec l'aide d'une brosse de nettoyage, il était affairé à nettoyer le bas de chaque tuile, une par une pour ensuite soigneusement les remettre à leur place sur le toit. «Pourquoi fais-tu ça?" demandai-je
. «Je dois faire cela quelques années, quand les premiers prix commencent à diminuer», fut sa réponse surprenante.
En fait, nous lui avons dit qu'il était un peu fou, mais je n'ai jamais oublié sa réponse. Je ne pouvais facilement l'imaginer à cette époque quel rapport les prix de tête avaient à voir avec les tuiles. Plus tard, je suis souvent revenu à la réponse que ce modeste mais brillant amateur nous a donné, parce qu'il savait exactement pourquoi il jouait de manière si impressionnante.
Que s'est-il passé chez l'amateur chez lequel nous étions en visite au préalable, pourquoi ses performances avaient-elle diminué de façon constante?

Un flux d'air continu sans courant d'air pouvait avoir lieu, parce que les tuiles du toit du côté ouest du colombier étaient isolées et celles sur le côté est, en raison de leur forme, avaient suffisamment d'espace à leur base pour permettre à l'air de s'échapper. Pendant les 20 premières années la poussière de pigeon pouvait échapper entre les espaces prévus où les tuiles se chevauchent et ne pouvait pas causer de dommage. Il y avait encore suffisamment d'espace entre les tuiles pour permettre à l'air de circuler.