Infections respiratoires

Infections respiratoires

Dr Colin Walker

B.Sc. B.V.Sc. M.A.C.V.S (santé aviaire)

trad:M.Maindrelle

De tous les problèmes de santé qui peuvent compromettre le rendement des équipes de voyageurs, une infection des voies respiratoires est peut-être le plus subtil et potentiellement le plus grave.

Tout colombophile qui a joué des pigeons pendant plus de deux années est en mesure de reconnaître les signes évidents d'infection respiratoire affiché par un pigeonneau tels des yeux rouges larmoyants, un écoulement nasal, une caroncule décolorée, un sinus gonflé et des éternuements persistants. Chez les pigeons plus âgés, simplement parce qu'ils ont vécu plus longtemps et qu'ils ont un système immunitaire plus mature et compétent ils ont dans la majorité des cas déjà établi une immunité importante pour les organismes en cause dans les infections des voies respiratoires. En raison de ces facteurs leur réponse à l'infection des voies respiratoires est considérablement modifiée et les signes qu'ils affichent sont beaucoup plus subtiles. Souvent, le seul signe montré peut-être un niveau d'éternuements accru dans le colombier ou tout simplement une réduction des performances en concours ou l'augmentation des pertes. Une infection des voies respiratoires chez un adulte peut ne pas faire apparaitre le pigeon malade , mais il peut avoir un effet sur les performances en concours.

Le terme d'infection des voies respiratoires est terriblement vaste et implique simplement qu'un agent a infecté une partie de l'appareil respiratoire. Beaucoup d'agents ont le potentiel d'être en cause ici, notamment des bactéries, des champignons et des virus, mais pour beaucoup de vétérinaires ce dont nous parlons est une infection des voies respiratoires à Chlamydia et Mycoplasme, parfois compliquée par des bactéries comme E. coli. Le Chlamydia est un organisme étrange. Ce n'est pas une bactérie mais est cependant tué par certains antibiotiques. Cet organisme a une étape infectieuse appelée «corps élémentaire» qui peut survivre dans l'environnement et c'est ceci que les pigeons "attrappent". Une fois inhalé ou ingéré, le chlamydia passe à travers une cellule épithéliale (cellules qui tapissent la bouche et les paupières), où il se transforme en une autre étape appelée «corps réticulés». Le corps réticulé se multiplie avant de se rompre à travers les membranes des cellules adjacentes et propage l'infection de plus en plus jusqu'à ce que de nombreuses cellules soient infectées. À un certain stade, ils se rompent à travers une surface externe, deviennent des structures élémentaires et sont évacués dans l'environnement via la salive des oiseaux, les larmes et les excréments prêts à infecter de nouveaux oiseaux.

Il y a beaucoup de souches (ou sérotypes) de chlamydia qui varient dans leur capacité à causer la maladie et la plupart des colombiers ont certaines souches de résident contre lesquels les pigeons de ces colombiers s'immunisent. Dans la plupart des colombiers il y a une faible exposition tout au long de l'année aux souches résidentes de Chlamydia et dans la plupart des cas la maladie ne se produit pas. Cette exposition permanente ne fait que renforcer l'immunité en développement, notamment chez le pigeonneau en croissance. La maladie survient généralement sous la forme de « rhumes d'oeil » chez les pigeonneaux si les oiseaux subissent un stress ou encore si les oiseaux sont exposés à une nouvelle souche de Chlamydia à laquelle ils n'ont pas été exposés auparavant et n'ont donc pas pu développer une immunité contre elle. Des exemples de stress incluent la surpopulation (en particulier chez les jeunes oiseaux), une mauvaise hygiène, un mauvais contrôle des parasites, une mauvaise alimentation, et une forte humidité. De nouvelles souches de Chlamydia entrent dans le colombier via les oiseaux délibérément introduites ou les pigeons errants. La difficulté dans la gestion des infections des voies respiratoires pendant les concours est que la course elle-même expose les oiseaux aux mêmes choses qui prédisposent à l'infection par le stress (du temps loin du loft, le risque de prédation, l'effort, mode d'alimentation modifié) et l'exposition à des lots différents de souches de Chlamydia à travers le mélange d'oiseaux de différents colombiers dans les paniers de transport. Le potentiel d'exposition à la maladie est énorme. Si un amateur pense que d'une certaine façon ses oiseaux sont uniques et ne seront pas touchés par la maladie c'est qu'il est très mal informé. L'autre agent impliqué dans les infections respiratoires est le Mycoplasme. Ce qui est intéressant avec le mycoplasme est que si vous le donnez aux pigeons, il ne rend habituellement pas les pigeons malades. Ce que les mycoplasmes font, cependant, est d'inflammer et endommager la muqueuse des voies respiratoires de façon assez forte pour que d'autres agents comme le Chlamydia trouve beaucoup plus de facilité à l'envahir. De cette façon, ils ne rendent pas vraiment les oiseaux malades, mais ont un grand effet négatif sur la Forme en concours. Si un pigeon a les sacs aériens inflammés il ne peut pas déplacer d'air dans les poumons de façon efficace ce qui rend l'oxygénation normale du sang difficile et, avec certitude, une fatigue prématurée. C'est un peu comme courir un marathon avec de l'asthme. Si un pigeon a une inflammation des sinus (la zone située derrière les caroncules et autour de l'œil) comme n'importe quelle zone inflammée, il devient plus sensible. C'est pourquoi les pigeons avec des infections des sinus engagéé sur une course avec un vent de face, en particulier un vent froid, se perdent facilement. C'est un peu comme le «gel de cerveau» que nous ressentons lorsque nous mangeons de la crème glacée. Il y a quelques années ce n'était pas seulement difficile pour l'amateur de les reconnaître, mais aussi pour le vétérinaire aviaire pour faire un diagnostic précis et traiter correctement les infections des voies respiratoires. De nos jours plus c'est plus simple.

Que doit faire le colombophile? Il y a deux options. Soit l'éleveur peut avoir ses pigeons régulièrement contrôlés par un vétérinaire aviaire, soit il est confiant dans sa capacité à reconnaître les signes précoces de l'infection des voies respiratoires et il peut lui-même surveiller ses oiseaux de près et s'il relève quelque chose voir avec son vétérinaire. Il y a une troisième option - qui est de ne rien faire et espérer que tout va se tasser. Je ne vois pas vraiment cela comme une option. L'infection respiratoire est tout simplement trop commune. Tôt ou tard, il est probable que l'exposition aura lieue et des bons oiseaux seront perdus. Un test régulier ne fait pas de mal et est certainement la voie à suivre pour les amateurs qui n'aiment pas traiter leurs pigeons. Le traitement est uniquement permis lorsque le problème est cerné. Que fait le vétérinaire? Des tests simples pour le vétérinaire associent l'aspiration des mucosités autour de la choane (la fente de la voûte du palais) et de la gorge. Avec l'inflammation de l' infection respiratoire des mucosités vont s'écouler à travers la fente dans la bouche ou être recrachées dans la gorge à partir du revêtement inflammé de la trachée. L'examen microscopique de ce mucus par le vétérinaire, sous le microscope, permet souvent (mais pas toujours) de révéler les cellules inflammatoires et les infections bactériennes. Plusieurs pigeonsdoivent être testés afin que les résultats puissent être extrapolés à l'ensemble de l'équipe. Une goutte de sang peut également établir avec précision la relation avec le Chlamydia. Si le test de la gorge et le test sanguin sont négatifs le oiseaux n'ont probablement pas une infection respiratoire.

S'il y a un doute une série de tests supplémentaires sont disponibles, tels que la culture des bactéries de la gorge (pour voir si des pathogènes sont là), faire une numération des globules blancs sur un échantillon de sang (il sera élevé s'il ya une infection ), en prenant une radiographie (on peut voir une infection des sacs aériens) ou de façon drastique, parfois l'autopsie d'un oiseau. Bien que ces tests supplémentaires soient disponibles, ils sont coûteux, prennent du temps, et ne sont pas systématiquement faits et réservés aux cas les plus difficiles ou inhabituels. Habituellement, un prélèvement de gorge (qui prend environ 5 minutes) et un test de Chlamydia (qui prend environ 4 heures) est tout ce qui est nécessaire. Je demande instamment que les amateurs le fasse régulièrement pendant la saison des concours. L'espoir est que des contrôles réguliers permettent de détecter le problème avant qu'il ait fait beaucoup de mal, que de mauvaises courses se déroulent et que de bons pigeons s'égarent. Je note que de nombreux amateurs associent bien souvent le halètement avec une infection respiratoire. Certes, les oiseaux avec une infection des voies respiratoires sont plus enclins à haleter, surtout après un exercice modéré. Il convient toutefois de rappeler que presque toutes les maladies augmentent la dépense d'énergie et prédisposent à la fatigue et l'halètement. Je trouve que les éternuements sont un indicateur beaucoup plus fiable de l'infection des voies respiratoires. L'éternuement est un indicateur direct de l'irritation des sinus. Le meilleur moment pour évaluer cela est juste avant la nuit. Tenez vous tranquillement en face du colombier pendant que les oiseaux s'installent et écouter les éternuements. Plus de 3 éternuements en 5 minutes dans un groupe de 100 pigeons suggère un problème. Notez également que tous les oiseaux avec des sécrétions nasales ont une infection respiratoire. Lorsque les oiseaux sont exercés dans le froid, l'air chaud expiré va se condenser sur la surface froide extérieure du bec souvent au point où le fluide s'écoule de l'extrémité du bec.

Traitement Les infections respiratoires sont traitées avec des antibiotiques. Personne ne veut donner des antibiotiques à ses oiseaux sauf si cela est vraiment nécessaire et nous ne voulons certainement pas donner des antibiotiques (ou un quelconque médicament, d'ailleurs) qui mettrait l'équipe hors de forme. La plupart des préparations antibiotiques pour traiter les infections respiratoires sont des mélanges de doxycycline, de tylosine et de spiramycine (aussi appelé SUANOVIL).

La doxycycline est l'antibiotique de choix pour les Chlamydia, la tylosine est l'antibiotique de choix pour les mycoplasmes et la spiramycine est couramment utilisé pour traiter une infection bactérienne secondaire. À ma clinique, nous fournissons l'ensemble de ces antibiotiques dans diverses combinaisons. "D" est la doxycycline seule, "DT" est un mélange de doxycycline et de tylosine, "R" est le mélange de la doxycycline et de la spiramycine et "TV" est un mélange triple de doxycycline, tylosine et spiramycine. Lequel est en fait prescrit dépend de la nature du problème dans le colombier.

Les durées de traitement sont habituellement de 3 à 7 jours et nous recommandons toujours de donner dans les suites du traitement un probiotique concentré multisouches d'origine aviaire tels que "Probac". Ceci car tous les antibiotiques causent des perturbations de la flore bactérienne intestinale normale. Celle-ci se rétablira en quelques jours une fois le traitement retiré mais bien sûr, pendant les concours, nous voulons que les oiseaux soient de nouveau en forme le plus rapidement possible. Donner "Probac" inonde l'intestin avec de bonnes bactéries et rétablit la population normale rapidement. Un diagnostic et un traitement rapides peuvent souvent entraîner une réaction et une récupération rapide. Un retard dans un traitement efficace signifie que la forme de course et la santé est perdue. Cela signifie que non seulement l'infection des voies respiratoires doit être sous contrôle mais que la forme doit être rétablie. Plus l'infection respiratoire est avancée au début du traitement plus il mettra de temps à répondre. Une fois l'infection résolue, la remise en forme peut alors être établie, en général dans les 2-3 semaines.

Dr. Colin Walker BSc. BVSc. MACVS (Avian Health)

Melbourne Bird Veterinary Clinic

Australia

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